Deux enfants, trois vélos, une tente, quatre cantons

Objectif

Cette page relate en quelques mots les quatre jours passés entre Fribourg et le Haut-Valais. Je donne quelques indications pratiques et des impressions, par touches. L'objectif de cette page n'est pas d'en faire un guide pratique, mais simplement de donner envie de se mettre en selle (de vélo) et partir à la conquête des vacances en liberté.

Découverte

Durant ce voyage, les enfants et moi avons fait une découverte : la Sarine, rivière dont le méandre est à l'origine de la ville de Fribourg, prend sa source en Valais (au Santesch) et s'écoule dans les cantons de Berne et Vaud. Ainsi, sans l'avoir prévu, nous avons remonté le cours de la Sarine.

Défi

Comment dit-on "La Sarine" en patois valaisan ? Réponse sur l'une des photos de cette page.

1. Fribourg

Entre Fribourg et le lac de la Gruyère : paysages agricoles et villages déserts ; peu intéressant.

 

Le lac de la Gruyère est très beau mais trop touristique à mon goût. Son camping, les pieds dans l'eau était complet. Heureusement, notre tente est petite. Une baignade dans le lac n'a pas de prix après une journée de sueur.

 

La vallée de l'Intyamon nous révèle sa beauté, en particulier le petit village de Lessoc, à visiter absolument.

 

Comme l'Auberge des Montagnards à Estavannens était fermée, c'est sous les platanes rafraichissants de l'hôtel du Vanil Noir à Grandvillard que nous avons apaisé notre faim et reposé nos jambes. Accueil chaleureux.

Camping du Lac de la Gruyère

Intyamon, Auberge des Montagnards et terrasse sous les platanes

Lessoc

2. Vaud

Le Pays d'Enhaut est beau et paisible.

 

Il est facile de rouler hors du trafic le long de la Sarine. À mon goût, la partie la plus agréable du trajet.

 

On trouve des chalets d'une certaine opulence à Château-d'Oex et Rougemont. L'église Saint-Nicolas de Rougemont est à visiter. Elle se trouve à côté du château de Rougemont. J'ai essayé de glisser un oeil dans la cour de ce château, mais la châtelaine, une dame âgée et chic, qui montait la garde dans sa cour, m'a sèchement informé qu'il s'agissait d'une propriété privée. Vous voilà averti-e-s.

 

Les enfants et moi avons adoré le camping de Château-d'Oex. Le terrain pour poser la tente était de loin le moins confortable, mais les personnes rencontrées et les infrastructures (toilettes, douches, piscine) ont fait la différence. En plus, des trois camping visités, c'était le moins cher.

Rougemont, son église et son château

3. Berne

Paysages magnifiques.

 

Traversée et sortie de Gstaad peu agréable et dans le trafic.

 

Tout était fermé à Gsteig sauf le restaurant de l'hôtel Sanetsch. D'apparence très chic, ce restaurant est à éviter à tout prix. Le service était désagréable et les plats mauvais (les enfants, affamés, ont à peine mangé leur pizza, c'est dire). C'était le seul endroit pour nous nourrir alors que nos réserves étaient épuisées.

 

Je pensais passer la nuit au camping de Gsteig, mais comme aucun magasin d'alimentation n'était ouvert ainsi qu'une impression de fin du monde régnait dans le village, nous avons directement filé au téléphérique pour le col du Sanetsch. Ce fut une excellente idée.

 

Le téléphérique d'Innergsteig était parfait. Le monsieur qui nous a vendu les billets a fixé lui-même les vélos des enfants à l'extérieur de la cabine. Il a proposé de faire entrer mon vélo, très chargé, dans la cabine, afin de m'éviter de devoir le décharger complètement. Comme nous étions les seuls à monter, tout s'est fait facilement. À l'arrivée au col du Sanetsch en fin d'après-midi, les gens faisaient la file pour descendre en cabine du côté de Berne. Nous avons eu de la chance de faire le trajet inverse.

Téléphérique d'Innergsteig direction le col du Sanetsch

4. Valais

Chouette hôtel du Sanetsch, délicieux repas et nuit dans un lit. (À ne pas confondre avec l'hôtel Sanetsch de Gsteig.)

 

Très longue descente vers Savièse dans un paysage sauvage. Un orage nous a surpris à Savièse, l'occasion de se réfugier dans un café, typique comme on en fait plus.

 

Ensuite, longer le Rhône sur des kilomètres : ennuyeux mais paisible car totalement hors du trafic.

 

L'accès au camping du Bois de Finges passe par une route à 80km/h très fréquentée et très désagréable. Quand on atteint enfin le camping, il faut traverser cette route avec bagages et enfants : de loin le moment le plus stressant du voyage.

 

Juste avant la dernière étape de Viège, l'itinéraire cyclable nous a conduit à Rarogne (Raron). J'ai été surprise de découvrir que ce village abritait la tombe du poète Rainer Maria Rilke. Le village et l'église valent une visite.

Col du Sanetsch et retrouvailles avec la Sarine

Descente du col du Sanetsch et accueil orageux dans la plaine

Une dernière pause au bord du Rhône, Rarogne et arrivée à Viège

En pratique

Parcours

Voici le parcours préparé avant le départ (photo). Une fois sur la route, j'ai fait quelques adaptations, pas toujours heureuses.

Conseil : ne pas s'engager sur un sentier pédestre avec un vélo très chargé.

La modification principale par rapport à ce qui était prévu, a été de prendre le téléphérique pour monter au col du Sanetsch. Je pensais emprunter le sentier pédestre, mais l'expérience m'a montré qu'un vélo non VTT et chargé à l'arrière n'était pas adapté aux sentiers caillouteux en pente.

À l'occasion de ce petit voyage, j'ai découvert les itinéraires de SuisseMobile "La Suisse à vélo", indiqués par des panneaux rouge bordeaux. C'est extrêmement bien balisé et pratique. Plus besoin de suivre la carte, les panneaux sont parfaitement fiables (selon mon expérience).

Campings

Camping du Lac de la Gruyère à Gumefens (FR) : l'occasion de planter les sardines dans l'eau.

Camping le Berceau à Château-d'Oex (VD) : super piscine avec tobbogan et buvette/restaurant très sympa.

Camping du Monument à Susten (VS) dans le Bois de Finges : poser sa tente en pleine forêt et se croire seul au monde (photo).

Je n'avais prévu aucun endroit pour dormir à l'avance. Nous sommes arrivés chaque soir par hasard dans une localité avec camping. 

Deux sur trois étaient complets, mais quand on arrive sans voiture et avec une petite tente, on vous trouve toujours de la place. 

Ce qui a fait pencher la balance chaque soir pour un camping était la présence d'une piscine (ou d'un lac). Enfants à la piscine = maman qui a le temps de monter la tente.

Hôtel

Hôtel du Sanetsch (VS) à 2000m : cadre magnifique en pleine montagne, accueil très valaisan (Mme et M. Dumoulin) et repas du soir (demi-pension) délicieux. Les gens de la région s'y rendent pour le restaurant.

Nous nous sommes repliés sur cet hôtel car nous étions à 2000m, l'orage arrivait et nous n'avions plus rien à manger. Le confort de l'hôtel et sa demi-pension nous a tendu les bras. Nous n'avons rien regretté.

Dans ce cas précis, nous avons eu beaucoup de chance : une chambre s'était libérée le soir-même. Sinon, il est plus sage de réserver.