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Géologie

Eloge de l'imperfection

Escalader, grimper, varapper, c’est progresser, vers le haut, en général. L’activité se pratique sur du minéral, en général. Mais on peut aussi grimper un humain. 

 

Grimper un humain, grimper une falaise, c’est s’agripper aux imperfections. L’imperfection donne le relief, condition pour une ascension. Une fissure, un trou, une bosse, autant de refuges où glisser ses doigts, poser ses pieds pour avancer ou reprendre son souffle.

 

Les aspérités, c’est ce qui donne sa beauté à la falaise, comme à l’humain. Le soleil caressant sculpte la pierre en ombres et lumières, la fleur des rochers éclot dans un creux. Une fragilité, un doute, un manque, un excès matérialisent l’humanité.

 

L’érosion s’empare de la roche et la rend saillante ou concave. De même que l’expérience de vie façonne et marque l’humain, fait ressortir des traits, en atténue d’autres.

 

Tâtonner sur la paroi en quête d’accueillantes failles et de sympathiques appuis, ou sonder l’humain sur ses irrégularités, ses âpretés, ses secrets. Autant d’abris pour se cacher à soi-même, y glisser ses incohérences, apaiser ses peurs. 

 

Dans la falaise comme dans la rugosité humaine, commencer à comprendre, grandir un peu. L’humain, le rocher ; imparfaites beautés.

 

 

Inspiré par AM et AH

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